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Jean-François Copé ne jouera plus de piano en public (rue89)

le Mar 01 Avr 2014, 01:26
source > rue89

Pour paraître plus « conquérant », Jean-François Copé ne jouera plus de piano en public
Cerise Simet, publié le 01 Avril 2014

C’est une scène que les Meldois ne verront plus : Jean-François Copé au synthé dans les rues de sa ville de Meaux, pour un petit concert de bossa nova. Les habitants – qui l’ont réélu à 64% au premier tour des élections municipales le 23 mars – tenaient pourtant à ce petit rituel de rentrée, fin septembre.

Mais il ne colle plus à l’image de « conquérant » que le président de l’UMP et ses conseillers entendent envoyer, selon ce qui ressort d’un échange d’e-mails que nous nous sommes procurés.

L’arrêt de ces petits concerts annuels ne doit rien à la musique, tout à la politique. Et il en dit long sur Jean-François Copé et sa stratégie en vue de la présidentielle de 2017.


« Mettre François Fillon dans l’embarras »

La conversation récupérée par Rue89 date de début février et réunit trois personnes :
- Jean-François Copé lui-même ;
- Jérôme Lavrilleux, l’incontournable directeur de cabinet ;
- Bastien Millot, son ami et consultant officieux en communication, fondateur de la désormais célèbre agence Bygmalion [nous sommes quelques jours avant les révélations du Point].

>>> DOCUMENT <<<

Après le succès de la dernière « Manif pour tous » (80 000 manifestants à Paris selon la police, 500 000 selon les organisateurs), Jérôme Lavrilleux et Jean-François Copé demandent à Bastien Millot des conseils pour exploiter ce qu’ils pressentent être un thème majeur des prochaines semaines : le genre.

Bastien Millot répond dès le lundi, en fin de matinée. Le matin, Jean-François Copé a insisté sur Europe1 sur « le profond malaise dans notre pays par rapport à la question de la famille », et semé le doute sur les intentions du gouvernement par rapport à la prétendue « théorie du genre ».

Le consultant suggère à son ami d’insister sur la question, pour se positionner plus clairement du côté de la « Manif pour tous » et mettre François Fillon dans l’embarras.

C’est lui, apprend-on dans cet échange, qui est par exemple à l’origine de l’emballement de Jean-François Copé une semaine plus tard sur le livre pour enfants « Tous à poil ! ».


« Ça implique que tu arrêtes les récitals... »

Mais le conseiller en communication va plus loin. Il préconise que Copé change son image, incarne « un homme, un vrai », « un conquérant », « un bouclier » :

    « Il faut que les Français retiennent le Copé qui connaît par cœur sa guerre de 14 [il a co-signé un livre sur la bataille de la Marne, ndlr], pas celui qui joue de la bossa nova ! »

Jérôme Lavrilleux, avec l’avocat Francis Szpiner, au siège de l’UMP le 25 novembre 2012 (REVELLI-BEAUMONT/SIPA)

Jérôme Lavrilleux est probablement, ce jour-là, en train de préparer un déplacement de Copé dans le Pas-de-Calais. Depuis son iPhone – qui arbore une coque Jean-François Copé –, il renchérit :

    « A plus long terme, Jean-François, si la stratégie te va, ça implique que tu arrêtes les récitals… »

Dans un premier temps, Copé s’y oppose. La « strat [lui] convient » (sic), mais pas du tout cette idée de ne plus se produire chaque année au festival de musique, auquel il tient, dans sa ville :

    « No way. Je tiens beaucoup à ce contact annuel avec les Meldois. »


« Vous êtes ridicules mais ok »

Bastien Millot insiste, avec un autre argument :

    « Je suis très sérieux sur le piano : on ne peut pas taper sur la théorie du genre et te voir ensuite sur une vidéo du Parisien, pardonne-moi, en train de jouer de la bossa nova en te trémoussant sur ton siège ! »

Sous-entendu : le piano est une activité trop « genrée » par les temps qui courent. Millot fait probablement référence à cette vidéo de 2008, qui continue d’égayer les réseaux sociaux :
Jean-François Copé, musicien de rue, en septembre 2008

Lavrilleux relance :

    « Il a raison, Jean-François. »

Le patron de l’UMP cède, à contre-cœur :

    « Vous êtes ridicules mais ok. Je ne jouerai pas. Rassurez-moi, j’ai quand même le droit d’en jouer chez moi ? Ca va être un crève-coeur pour Henri [le pianiste Henri de la Mirandelle, qui lui a donné ses premiers cours, ndlr] »

Malgré plusieurs relances auprès de son attaché de presse, nous n’avons pu joindre Jean-François Copé. Bastien Millot n’a pas non plus répondu à nos sollicitations.

Nous avons pu joindre Jérôme Lavrilleux, qui dément l’existence de cet échange d’e-mails :

    « Cette conversation n’a jamais eu lieu. Le document que l’on vous a donné est un faux. »

Rue89 fait toute confiance à sa source.


« Je ne pourrais pas vivre sans musique »

Jean-François Copé au piano chez lui en 1999 (ANDANSON/SIPA)

Pour Jean-François Copé, c’est à n’en pas douter une fêlure. Le président de l’UMP tient énormément à son piano et à sa participation aux Muzik’elles, le festival de musique qu’il a créé, à Meaux.

Il évoquait encore, lors du meeting de campagne auquel nous assistions avant le premier tour, « ce festival magnifique, inventé sur un coin de table entre nous », créé pour « rendre hommage aux femmes, en les faisant monter sur scène pour que les garçons les applaudissent ».

Quant au piano, il est un lien entretenu avec sa grand-mère centenaire – une artiste, pianiste et chanteuse. Jean-François Copé sait aussi que cette décision minera sa mère, qui l’a toujours encouragé à persévérer dans la musique. Il y a un an, l’homme évoquait dans Paris Match sa sensibilité artistique.

    « Je ne pourrais pas vivre sans musique, car elle est une part de moi-même. Tout petit, j’ai été ému aux larmes en écoutant la 7e symphonie de Beethoven. Ce jour-là, ma mère s’est rendue compte de mon hypersensibilité à la musique. J’ai une fascination particulière pour les romantiques, Chopin, Liszt et Schubert, dont j’ai étudié à fond la vie et la musique. »


« C’est une sacrée connerie ! »

Depuis, il y a eu le « Mariage pour tous », la polémique sur le genre, les enquêtes révélant l’attente dans la population d’un « vrai chef pour remettre de l’ordre »... Et les conseils de Bastien Millot. Nul doute que le prochain reportage dans Paris Match révèlera un Jean-François Copé très différent...


Henri de la Mirandelle à Paris, en mars 2014 (Audrey Cerdan/Rue89)

Munis de cet échange d’e-mails, nous avons contacté Henri de la Mirandelle, le premier professeur de piano de Jean-François Copé, qui continue épisodiquement à le faire travailler, en prévision notamment des Muzik’elles. Un personnage haut en couleur, qui confirme que Jean-François Copé lui a indiqué qu’il avait renoncé provisoirement à jouer en public. Il ne décolère pas (voir la vidéo ci-dessous) :

    « C’est parfaitement dramatique, ce garçon est exceptionnellement doué pour la musique (...) C’est une idée complètement saugrenue. »

Interview de Henri de la Mirandelle

Selon lui, c’est également une erreur politique :

    « Le piano équilibrait son image. Quand il jouait du Trénet ou des airs de bossa, on voyait l’être sensible et on oubliait l’animal politique. C’est une sacrée connerie ! »


« Pas plus sensible que lui »

Henri de la Mirandelle était un ami de Monique Ghanassia, la mère de Jean-François Copé. L’un des nombreux artistes côtoyés par ses parents, qui tenaient table ouverte pour des dîners jusque tard dans la nuit et finissant invariablement en récital de piano classique ou en bœuf reprenant les incontournable de la chanson française d’avant-guerre.

    « Dès ses 10 ans, Jean-François a eu le niveau pour jouer avec nous. Mais uniquement les samedis soir, parce qu’il n’y avait pas école le lendemain ! »

Il l’a vu naître et lui a fait faire ses premières gammes, lorsque Copé avait 8 ans.

Du milieu bourgeois des parents Copé, le pianiste a glissé vers des cercles plus bohêmes. Il a vendu son appartement du VIIIe arrondissement, s’est installé dans un quartier plus canaille de la capitale.

Ses idées politiques divergent sensiblement de celles de son ancien élève, mais ses yeux s’embuent à l’évocation des cours particuliers du jeudi soir.

Pour nous, il a retrouvé une photo de Jean-François Copé enfant, ses doigts délicats sur les touches blanches.

    « Regardez-moi ce bonhomme. Il n’y avait pas plus sensible que lui. Et des doigts de fée, avec ça... »

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