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 QUE SE CACHE-T-IL DANS LES SOUS-SOLS DE LA VILLE ?

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Fabien B.
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Masculin Nombre de messages: 1764
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Localisation: Meaux
Date d'inscription: 16/09/2008

29012009
MessageQUE SE CACHE-T-IL DANS LES SOUS-SOLS DE LA VILLE ?


SOUTERRAINS, CARRIERES, CAVES, FOUILLES ARCHEOLOGIQUES : QUE SE CACHE-T-IL DANS LES SOUS-SOLS DE LA VILLE ?

Un sujet destinés à ceux qui s'intéressent à ce qu'il y a au dessous de Meaux et de son agglomération. Une façon d'appréhender la ville d'une autre façon, et par son histoire.

Vos questions, réponses, histoires, suppositions, etc., à propos des entrailles de la villes, c'est ici... bonne discution ! Wink

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Dernière édition par Fabien B. le Dim 08 Fév 2009, 21:30, édité 1 fois
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QUE SE CACHE-T-IL DANS LES SOUS-SOLS DE LA VILLE ? :: Commentaires

J'ai une assez solide formation en histoire, formelle et informelle (c'est à dire pas forcément validée par un diplôme de haut niveau): par la validation des acquis j'ai atteint la licence mais je pourrais prétendre à plus si ça me servait à quelque chose, et si j'éprouvais la moindre considération pour les peaux d'âne; d'ailleurs je continue de bosser dans cette matière, en me recentrant sur la contemporanéité.

Comme ça ne me servira à rien, je n'ai pas plus envie de me couler dans le moule universitaire que dans quelque moule que ce soit - quand ce n'est pas nécessaire.

Pour la cataphilie: je l'ai été, et pas qu'un peu à une certaine période de mon existence (il y a prescription Very Happy et de toute façon, mon "groupe" n'a jamais rien vandalisé s'il a beaucoup exploré et festoyé dans des cadres... originaux, dira-t-on pour manier la litote) Cela fut de même, pour les cimetières parisiens (sans jamais porter atteinte à l'intégrité des épultures, je le précise! Et là, nous ne festoyions pas: quoiqu'iconoclastes, nous considérions que les morts avaient droit au respect.

Je ressens beaucoup de nostalgie de cette époque et croyez-moi, si j'avais le moindre espoir de rencontrer un jour des souterrains à explorer dans la région, je ne lâcherais pas l'os, pour être parmi les premiers à les parcourir.

*****************

Pour faire encore litière d'une idée reçue. On a pendant des lustres évoqué les "souterrains" qui sillonnaient le plateau entre Lagny, Jablines et Annet sur Marne. Là encore... carrières, carrières, carrières et toujours carrières! (des bois de la région sont d'ailleurs strictement clôturés en raison des risques très élevés d'effondrement) Les grands travaux qui ont eu court dans le coin (TGV, autoroute, déviations, etc;) ont été considérablement perturbés par ce sol en gruyère.

Ces carrières étaient très souvent des tunnels, qui avançaient en tournicotant pour "tailler" là où le calcaire était de la meilleure qualité: facile à scier tout en n'étant pas trop tendre, et pas trop plein des silex et nodules de silice qui bousillaient les outils. Il ne fallait pas qu'ils fussent trop hauts ni trop larges, car on ne voulait pas perdre trop de temps à étayer les galeries (la valeur de ce qu'on en sortait ne justifiait pas cet investissement, contrairement à ce qui se constatait dans les mines de charbon et de métaux): on comptait donc sur le matériau lui même pour soutenir de haut de la voute qui de ce fait ne devait pas être trop large (ce qui n'a pas empêché d'innombrables acidents, au moment de l'exploitation et plus tard: des maisons de Paris ont été englouties dans des cavités anciennes... d'autre part la craie sciée formait une épouvantable boue collante et aspirante dans laquelle les "noyades" étaient atroces : on était en danger de mort dès lors que l'on glissait et tombait, parfois dans quelques dizaines de centimètres de cette boue seulement; les Poilus qui tenaient les tranchées crayeuses de Champagne ont connu les mêmes affres). Les buttes de Montmartre et de Ménilmontant (dans une moindre mesure pour cette dernière) ont constitué des exceptions: l'incroyable épaisseur de craie, sa remarquable homogénéité - quasiment aucune faille - ont permis de creuser en dessous de gigantesques cavités. A noter que les buttes Chaumont avec leur relief tourmenté ne sont qu'une carrière éventrée, au sein d'une des collines de paris, aménagée plus tard en jardin anglais.

***************
Pour le reste et comme cela a été écrit sur le blog: il n'est pas défendu évidemment de rêver et rien n'excite davantage l'imagination que les souterrains sauf peut être les trésors cachés...
SS0 35 N 27
Message le Ven 27 Fév 2009, 12:30 par Château
J'ai connu les carrières d'Annet sur marne.
"Si j'avais le moindre espoir de rencontrer un jour des souterrains à explorer dans la région" Montceaux... et sinon: Les potences tu connais?
Les potences "locales"? Pas particulièrement. A Meaux, je suppose sans aucune certitude que c'était sur le parvis de la cathédrale ou sur la place du marché, voire aux deux endroits.

J'ai deux références qui font autorité dans le monde de l'Histoire, la vraie, pour parler en général.

"l'homme devant la mort" (Philippe Aries) et "le métier de Bourreau" (Delarue l'historien, pas "l'autre")

Il faut bien distinguer les "fourches patibulaires" et les échafauds proprement dits. A Paris, on pendait (ou on rouait, on ébouillantait, on écartelait, on amputait, etc.) les "vedettes" place de Grève (actuelle place de l'hôtel de ville), et à de rares gibets permanents (dont celui situé près de l'église Saint-Jean du Trahoir). Un grand nombre d'exécutions étaient en effet effectuées sur des échafauds "provisoires" montés pour l'occasion, car la "justice" commandait souvent celles-ci "sur les lieux des crimes" ; les piloris étaient dressés le plus souvent près des marchés: leurs "pensionnaires" temporaires étaient souvent des marchands malhonnêtes ayant triché sur le poids ou la longueur, ou pour les tissus ayant mêlé des fils "nobles" et d'autres plus communs.

Les fourches patibulaires, c'est là où on laissait les cadavres pourrir ad vitam aeternam pour l'édification des masses: Montfaucon essentiellement pour Paris, mais on y exécutait fort peu car la zone était isolée et de ce fait la publicité du supplice faisait défaut.

Dans les petites villes de province, c'était souvent à l'entrée de celles-ci, pour édifier les passants. Il arrivait que le cadavre du supplicié était enchassé dans une sorte d'armure à larges trous (pour permettre le festin des corbeaux et des rats) mais pour qu'ils ne se désunissent pas trop vite et restent le plus longtemps possible à la vue de tous. Dans les ports, les déserteurs et les accusés de mutinerie, après avoir été pendus, étaient souvent enduits de goudron et suspendus par des chaines sous les épaules de façon à rester longtemps en nombre à la vue de tous, à l'entrée du port, pour servir d''édification aux marins de passage
Quelqu'un me demandait récement si il y avait eu des exécutions capitales dans l'ancienne prison de Meaux (dans une conversation au sujet de son devenir). Je lui ai répondu que je n'en savais rien. Peut-être des pendaisons.

A part ça pour les "lieux" de supplices à Meaux, la place du marché est connus pour avoir vu les exécutions des huguenots (sur le bucher). Et puis il y a une tour des anciens remparts qui porte le nom de "tour du bourreau"; c'est celle qui est en ruine au lieu du chantier de construction entre la rue du Tan et le cour Raoult. Y avait-il un lieu particulier pour les exécutions (et si oui, est-ce que celles-ci étaient fréquentes ?) Je ne m'avancerais pas trop pour le dire.


Et on dévie un peu du sujet originel ^^.
Je pense plutôt que la "Tour du bourreau" était son lieu de résidence: il habitait toujours en marge de la ville, à la fois tenu en paria mais aussi pour qu'il puisse recevoir nombre de visites discrètes: les bourreaux étaient utilisés comme rebouteux, guérisseurs, etc. Leurs connaissances empiriques de l'anatomie et de la physiologie humaines étaient loin d'être imaginaires. Enfin ils vendaient (fort cher) des préparations à base entre autres et soi-disant de mandragore, cette plante qui ne proliférait que grâce à la semence des pendus...

D'après l'âge de l'ancienne prison de Meaux on n'a pu y pendre qui que ce soit. (ni guillotiner d'ailleurs puisque les exécutions avaient lieu dans le siège des cours d'assises, à savoir à Melun pour la Seine & Marne et, jusqu'à 1940 devant les prisons et non à l'intérieur: elles étaient publiques jusqu'à ce que celle de Weidmann à Versailles, proprement scandaleuse (une foule hystérique, des centaines de photographes, etc. conduisent à ce que les suivantes fussent privées)
Ce qui servait de prison et de palais de justice avant ceux aujourd'hui plus non plus d'actualité de la place Henri IV, c'était le "chateau" des comtes de Champqgne, à l'emplacement de l'actuel Hotel de Ville de Meaux. démol à la fin du XIXe siècle.

Je ne sais pas si la justice a Meaux a puni souvent. Les principales exécutions (voir massacres), ont eu lieu à certains moments de l'Histoire, ou quand la ville subissait les guerres : guerre de 100ans, guerres de religions, jacquerie, Révolution, guerre de 1870...
SS0 35 N 27
Message le Ven 27 Fév 2009, 20:09 par Château
C'est intéressant mais je ne m'adressais pas à l'historien mais au cataphile qui sommeil en toi, je te parle de la carrière des potences... dans les environs
Non, ma période "cataphile" date de mon adolescence et de ma prime jeunesse, elle s'exerçait à Paris uniquement. A l'époque, si je passais souvent à Meaux, je n'y habitais pas.

Carrière des potences? Où était-elle? encore une fois, ne nous méprenons pas. Il se peut sans que cela soit sûr, évidemment, que les "potences" aient été les dispositifs fixés sur les puits, qui permettaient de relever les blocs sciés dans le sous sol.

Pour les exécutions, je sais que dans la caserne, on a pas mal fusillé de collabos (ou supposés collabos: en août-septembre 1944 la justice était expéditive): le commandement américain local s'est opposé à ce que ça se passe en public quand, dans d'autres villes, ça se faisait sur la grande place devant les enfants des écoles emmenés par les instituteurs (témoignage d'un ancien qui a vécu la libération de Meaux, qu'il m'a racontée dans les moindres détails)
Re: QUE SE CACHE-T-IL DANS LES SOUS-SOLS DE LA VILLE ?
Message le Mar 10 Mar 2009, 19:14 par Château
La carrière existe toujours je préfère ne pas divulguer le nom du village pour préserver le lieu mais elle est facilement trouvable sur internet "carrière des potences"... Le lieu est très bien conservé.
Montceaux... SS0 35 N 27
Re: QUE SE CACHE-T-IL DANS LES SOUS-SOLS DE LA VILLE ?
Message le Dim 15 Mar 2009, 17:56 par Vincent
Bonjour, j'ai lu les posts et commentaires sur Montceaux, mais alors où mène ce fameux tunnel? Qu'en pensez vous ?
 

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