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Meldois
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28082012
source > www.iledefrance.fr (rubrique Patrimoine et Inventaire)

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Le dépôt lapidaire de la cathédrale de Meaux


Le dépôt lapidaire révèlent les faces cachées tant sur l'esthétisme que sur les techniques de construction de la cathédrale de Meaux.

La cathédrale de Meaux est connue des historiens de l’art pour l’ampleur des restaurations qu’il a fallu mener sur l’édifice au XIXe et au XXe siècles. Saint-Étienne de Meaux a en effet été bâtie avec une pierre d’un bel aspect, mais qui s’est malheureusement révélée très sensible aux intempéries : la pierre de Varreddes, localité voisine de Meaux, où l’évêque disposait de carrières. D’autant qu’à ce problème de matériau, s’est ajouté celui de fondations insuffisantes. Résultat : en 1834, la cathédrale paraissait si délabrée qu’on songea même à l’abandonner purement et simplement, tant la réparation paraissait « impossible ou tellement dispendieuse, qu’il semble que ce serait un acte de folie que de s’engager dans cette opération » indique l'historien Peter Kurman On s’y lança pourtant ; mais les travaux furent très importants, avec notamment une campagne systématique quasi ininterrompue de 1839 à 1914.


Ces nombreuses interventions ont conduit à remplacer une grande partie des parements de la cathédrale de Meaux. Pour autant, les pierres d’origine n’ont pas toutes disparu. Certaines sont toujours en place, et surtout, les éléments sculptés qu’il a fallu déposer ont été mis à l’abri. On conserve donc un bel ensemble d’éléments lapidaires authentiques, en particulier des séries de chapiteaux à décor feuillagé correspondant aux différentes campagnes de construction de la cathédrale, de la fin du XIIe au XVIe siècle.

L’intérêt de ces fragments n’avait pas échappé au grand historien de la cathédrale, Peter Kurmann, qui en avait dressé l’inventaire en 1965. Depuis, la collection (jadis exposée dans les salles basses du musée Bossuet) n’a plus guère fait parler d’elle. Elle est aujourd’hui entreposée au Vieux-Chapitre, où elle n’est pas visible par le public. Les chapiteaux voisinent avec des dalles funéraires provenant également de la cathédrale, qui constituent un objet d’étude également intéressant.

Pour le non spécialiste, ce dépôt lapidaire est un peu intimidant. Un sol jonché de chapiteaux qui se ressemblent tous… Pourtant, cet ensemble lapidaire est d’un très grand intérêt. Intérêt plastique tout d’abord : ces chapiteaux sont pour la plupart très beaux, même si certains ont souffert de l’outrage du temps. Certes, l’iconographie n’en est pas très variée ; comme dans toutes les grandes cathédrales gothiques, il s’agit essentiellement d’une variation autour de la corbeille à feuillages, la sculpture figurative étant assez vite évacuée du décor des chapiteaux une fois passée l’époque romane. Mais le traitement de ces motifs végétaux varie avec le temps et l’artiste. Comme l’a bien montré l’étude de Peter Kurmann, cette évolution des styles reflète l’histoire de la cathédrale. En outre, ces pierres portent encore les traces des outils des maçons et parfois, les éléments métalliques qui permettaient de les accrocher. Elles nous renseignent donc sur les techniques employées pour bâtir la cathédrale, et sur les étapes de ce gigantesque chantier.


On l’aura compris : ce dépôt lapidaire, aujourd’hui presque inconnu du public, est fondamental sur le plan scientifique. Il pourrait quitter le cercle étroit des spécialistes pour être à nouveau exposé, mais ceci impliquerait une présentation particulière (peut-être par le biais de produits multimédias ?) pour mettre en rapport ces pierres avec l’édifice qui les abritait. Pour l’heure, le dépôt lapidaire reste un bel endormi assoupi sous les voûtes du Vieux Chapitre…

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Pour en savoir plus :
Claire Mabire La Caille et Iliana Kazarska, « Le dépôt lapidaire », dans l’ouvrage (à paraître) de la Société historique de Meaux et de sa région sur la cathédrale Saint-Etienne.

Peter Kurmann, La cathédrale Saint-Étienne de Meaux. Étude architecturale, Paris, Arts et métiers graphiques, 1971

L’inventaire complet des éléments datant du XIIe au XIVe siècle, réalisé par Peter Kurmann en 1965, est resté à l’état de dactylogramme mais un exemplaire peut être consulté à la Médiathèque de Meaux.

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