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Meldois
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Le Maire, les cantines et la responsabilité parentale.

le Lun 03 Oct 2011, 18:39
J'ai posté ça, très en colère, sur mon blog. Mad

http://borghesio.typepad.com/benjamin/2011/10/toujours-%C3%A0-propos-de-l%C3%A9ducation-de-la-place-de-l%C3%A9cole.html

(version illustrée)



En fin d'interview donnée par Bruno le Maire au JDD:

Un décret sur les cantines scolaires est publié aujourd’hui. De quoi s’agit-il?

Six millions d’enfants mangent à la cantine chaque jour mais un sur deux a encore faim en sortant.

Les règles nutritionnelles ne sont ni appliquées, ni contrôlées. Nous les rendons obligatoires et nous allons surveiller les menus. Il doit y avoir plus de produits laitiers, plus de fruits au dessert, le moins possible de friture, et une alternance entre viande et poisson dans la semaine. La France doit être l’exemple mondial en matière de la qualité de l’alimentation, à commencer par les enfants.
_______________________________

Il est totalement faux de prétendre que les règles nutritionnelles ne sont ni appliquées ni contrôlées! Cela relève sinon de l'intention de nuire, du moins d'une rare méconnaissance de la situation en ce qui concerne neuf cantines sur dix - et toutes celles qui servent un grand nombre de repas emploient un ou plusieurs nutritionnistes. En outre, les règles d'hygiène qui s'appliquent aux cantines scolaires sont infiniment plus drastiques que celles qu'on rencontre au sein de la plupart des familles.

"Il doit y avoir plus de produits laitiers, plus de fruits au dessert, le moins possible de friture, et une alternance entre viande et poisson dans la semaine."

Mais que Le Maire vienne surveiller une cantine! Il verra que c'est déjà le cas et que ce sont les jours où on sert du poisson ou des légumes verts (et que dire des crudités et des fruits!) que les enfants mangent le moins et ont faim en sortant de table! Entre une entrée avec une pâte feuilletée enrobant une garniture grasse et très salée et une assiette de crudités, sur quoi les enfants se ruent-ils? Entre une pomme et un éclair au chocolat, vers quoi tendent-ils les mains?

C'est en raison de la négligence des familles et de leur laxisme que pour faire manger des gosses à satiété il faudrait leur proposer chaque jour pizzas, hamburgers, pâtes et frites, desserts industriels et toute cette sorte de choses.

Comme en plus on a dégoûté les enseignants de surveiller les cantines (avant, cela représentait pour eux un complément de revenu appréciable et ils assuraient l'ordre, une tranquillité relative de même qu'une éducation nutritionnelle minimale), le tableau est complet. Regardez le caddie de la ménagère à la sortie de l'hypermarché plutôt que le menu de la cantoche. Vous verrez où, neuf fois sur dix, se trouvent les déséquilibres les plus graves**, où l'enfant acquiert de mauvaises habitudes.

** (Sans qu'il en soit forcément de la faute de la maman: la merde coûte moins cher que la nourriture normale, et quand on gagne moins de 1.500 euros par mois...)

Un gosse qui mange peu varié, de façon déséquilibrée de surcroît, sera dépourvu de curiosité alimentaire. Il ne connaît pas? "Il n'aime pas" décrète-t-il - et c'est un long travail pour le convaincre d'essayer, de goûter. Travail difficile mais envisageable dans les cantines à taille humaine, mais comment faire dans un restaurant scolaire qui doit servir 90 à 100 repas par service? Enfin, ce n'est certainement pas à l'école qu'il a développé les addictions au sucre que l'on constate, de plus en plus nombreuses, avec les ravages que cela implique: obésité et diabète précoce entre autres.

Si on s'imagine que l'école, en 140 repas environ sur 730 pris au cours de l'année, pourra corriger les errements des familles... On se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude.

Il suffit de voir les goûters amenés par les gamins et on a de sérieux doutes sur la sincérité des parents... et des bambins qui récitent devant les micros et caméras le couplet convenu: "on n'a jamais de fruits à la cantine!"

Evoquons aussi la proportion considérable d'élèves qui n'ont pas pris de petit-déjeuner. Bon courage pour les garder réceptifs, sans compter leur souffrance, qu'ils ne perçoivent pas car ils y sont habitués mais la maîtresse connaît ça, les bâillements, les gosses qui ne tiennent plus leur tête droite et la perte totale de concentration vers 10h30-11h...

La nourriture, c'est comme la télévision. On réclame toujours plus d'émissions culturelles pour finalement se repaître de séries Z.

C'est comme la nécessité absolue proclamée par toutes les familles, du repos suffisant pour nos enfants en pleine croissance. Moyennant quoi lorsqu'on demande en classe à des enfants de huit ans à quelle heure ils se sont couchés, la réponse est invariable: 20h, 20h30. Une demi-heure après, ils vous racontent la trame du film (12+) qui s'est terminé à 22h45.


Pareil: on parle de repas équilibrés indispensables, mais en famille on laisse les enfants se gaver de biscuits industriels, de hamburgers, de pizzas, de sodas et de frites avec mayonnaise et ketchup en libre service: démission "pour avoir la paix". Ensuite, on s'affole devant les mauvaises habitudes alimentaires des enfants... Et on accuse les cantines sommées de réparer les dégâts.

Lisez ou relisez ce blog: Ma p'tite cantine. (http://maptitecantine.canalblog.com/ ) Oui cette "cantoche" est remarquable, mais il y en a plein de ce genre. Dans combien de familles mange-t-on aussi varié, aussi équilibré pour un prix par repas forcément raisonnable? Et notez les remarques de Caillebotte, les ruses qu'elle doit déployer pour que les enfants mangent poisson et légumes, parce qu'ils n'en ont pas l'habitude!

benjamin borghésio
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