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PLUSIEURS OFFICES HLM CONDAMNESPar Christel Brigaudeau Publié le 26-04-2011
Un petit pas pour les locataires… et un grand trou dans la poche de leurs bailleurs. Dans quelques jours, 56 habitants du square Paul-Algis, à Vaires-sur-Marne, devraient recevoir la notification du remboursement de trois années de charges locatives indues de la part de l’Office public de l’habitat de Seine-et-Marne (OPH 77).
Les plaignants contestaient les « charges récupérables » servant au paiement de leurs gardiens d’immeubles, alors que ces derniers ne s’occupaient ni du ménage ni de la gestion des ordures ménagères entre 2006 et 2008.
La justice, à en croire la jurisprudence de la Cour de cassation depuis 2002, devrait leur donner raison. L’OPH77, qui dépend du conseil général, a déjà dû débourser plus de 40000 € pour indemniser 38 habitants du square Kennedy de Saint-Thibault-des-Vignes. Déjà en 2008, 76 habitants de Champs-sur-Marne ont obtenu gain de cause contre la Résidence urbaine de France (RUF). Ont suivi 80 familles à Nemours et Verneuil-l’Etang.
Mais c’est à Meaux que l’action a été la plus spectaculaire : le 16 mars dernier, Meaux Habitat a été condamné à rembourser 137 locataires.
Derrière toutes ces procédures? Les associations affiliées à la Confédération nationale du logement (CNL). « C’est parce qu’on trouvait anormal de payer l’équivalent d’un loyer en récupération de charges de fin d’année qu’on s’est penché sur le détail des factures », explique Jean-Jacques Mafflard, le vice-président de la CNL 77. Outre la facturation indue de salaires de gardiens, les représentants de locataires sont parfois tombés sur des « travaux de gouttières » facturés pour les habitants du square Paul-Algis… qui ne possède pas de gouttières. A Meaux, « on a trouvé des notes d’entretien de voitures ou de travaux relatifs à d’autres immeubles », détaille Alain Jobelin, le président de l’amicale du parc Frot, également trésorier de la CNL 77.
Les locataires qui ont osé saisir les tribunaux — une minorité — seront remboursés des frais de gardiens sur trois ans maximum, et au prorata de la surface de leurs logements, soit 400 € par foyer en moyenne.
Du côté des bailleurs, l’addition est salée.
Meaux Habitat a fait ses comptes : la procédure de 137 locataires lui coûte « 43000 € en rappels de frais de gardiens et 13500 € en frais de justice », affirme Pierre Denaud, le directeur général de l’office HLM. Et surtout, l’organisme, qui a corrigé ses méthodes pour les adapter à la jurisprudence, enregistre « 450000 € de perte d’exploitation » par rapport à ses anciennes recettes de charges locatives. « Nous avons dû externaliser certains services et baisser le nombre de nos gardiens (NDLR : de 42 à 33 en trois ans) car, économiquement, la situation n’était pas gérable », raconte Pierre Denaud. Il considère la jurisprudence des tribunaux comme « une interprétation jus- qu’au-boutiste » du droit, qui ne tiendrait pas compte des « contraintes » des bailleurs sociaux.