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Meldois
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23102010
Reprise d'un article paru sur Meaux (le blog) le 21 octobre 2007 :


Sainte Céline

Céline vécut aux Ve et VIe siècles à Meaux. Née vers 470 (selon l'estimation des historiens), peut-être plus tôt, dans une riche et noble famille d'origine romaine (le nom Céline vient du latin et signifie "fille du ciel", par contre on a oublié le patronyme de sa famille), elle connut Sainte Geneviève, dont on dit qu'elle fut une compagne. Cette dernière lui apporta son soutient lorsqu'elle refusa le mariage auquel l'obligeaient ses parents. La jeune Céline à l'image de Geneviève avait décidé de consacrer sa vie à Dieu tout en restant "dans le monde" (c'est à dire dans la vie civile, parmi ses concitoyens). Elle portait la robe sombre des vierges, et se vouait à des œuvres de dévotion et de charité. Une version de la légende de Céline dit qu’un jeune nobliau (dont on a oublié le nom à lui aussi), des environs de Meaux, tomba amoureux de la jeune femme. Mais découvrant le vœux de Céline de consacrer sa vie à Dieu, le jeune homme entra dans une colère telle que la jeune femme n'eut d'autre choix que de fuir devant ce soupirant "exalté". Avec Geneviève, elle trouva refuge dans le baptistère de l'église de Notre-Dame de Châage dont les portes s'ouvrirent et se refermèrent miraculeusement derrière les deux femmes, permettant à la jeune Céline de préserver sa vertu... et sa virginité (sans quoi le soupirant éconduit l'aurait sans doute violentée !). Arrêté aux portes du baptistère le jeune homme "touché par la grâce divine" laissa Céline… à son destin de sainte (difficile de lutter avec Dieu !). Une autre version dit que le jeune homme est le même que les parents de Céline avaient choisi pour elle (une histoire de mariage arrangé), et que c'est parce qu'elle avait dit non à ce mariage (chose sans doute peu commune à l'époque) que le promis entra dans une colère folle qui aurait conduit celui-ci à vouloir "prendre" de force la jeune femme. Selon cette version, l'épisode miraculeux des portes du baptistère, serait celui à l'origine de la vocation de Céline, et l'évènement qui aurait poussé la sainte à offrir sa virginité à Dieu.




Représentation du miracle de Sainte Céline (gravure peinte, 1858, fonds iconographiques de la bibliothèque diocésaine Guillaume Briçonnet, Meaux)


Sainte patronne de la ville de Meaux, le culte de Sainte Céline y perdura jusqu'au XIXe siècle. Il fut l'un des derniers à donner lieu à des processions à Meaux (jet ce jusqu'en 1880) : celles-ci se déroulaient le 15 août, jour de l'Assomption (également jour ou est fêté la Sainte Vierge), et c'étaient à des jeunes filles qu'était dévolu le rôle de promener la châsse contenant les reliques de la Sainte à travers les rues de la ville. Sainte Céline était donc priée par les meldois qui lui reconnaissaient son statut de Sainte patronne de la ville, mais la tradition veut qu'elle fut également priée par les jeunes filles, et les jeunes mariés avant leurs noces.

Céline mourut à Meaux le 25 octobre 530, et fut inhumée dans le Faubourg Saint Nicolas, près de l'actuel Temple protestant. Le Faubourg Saint Nicolas porta d'ailleurs, longtemps avant, le nom de Faubourg Sainte Céline. Le site est aussi celui d'une nécropole antique, dite de Sainte Céline.

Le tombeau de la Sainte devint après sa mort un lieu de dévotion, et on bâti sur ce tombeau (ou a proximité) un oratoire. Remplacé peu après par une église, qui devint une abbaye, puis un prieuré... établissements religieux passant par des périodes fastes et d'autres plus difficiles (désaffection, incendie, etc.), et pendant près de 12 siècles, du Moyen Âge jusqu'à la Révolution où l'abbaye Sainte Céline fut vendue comme bien national, avant de disparaître. Car il ne reste rien aujourd'hui de ces bâtiments multiséculaires construits sur le culte de la Sainte meldoise, et qui ont marqué longtemps dans sa physionomie la ville et le Faubourg.

Dés 1312, Saint Nicolas (du moins en nom), commença à "remplacer" Sainte Céline. On parle de Saint Nicolas en Sainte Céline - c'est à dire d'une paroisse tournée vers Saint Nicolas dont le culte se faisait à l'intérieur de l'église Sainte Céline. Aujourd'hui toute référence locale à Sainte Céline a presque entièrement disparu. Le site originelle de l'église Sainte Céline est occupé en partie par la place du Temple (partie sud-est de la place), et le bâtiment de l'église Saint Nicolas a été reconstruit bien plus tard vers le début du Faubourg (niveau place Henri IV, face aux Augustines).

Quand les restes de la Sainte furent relevés à la Révolution en 1793, les précieuses reliques de Céline furent cachées dans le cimetière des chanoines (cour épiscopale, entre la chapelle des catéchismes et le « vieux chapitre »). En 1795, elles furent placées dans les châsses encore présentes dans le sanctuaire de la cathédrale. Une partie des reliques seraient conservée également dans l'église Saint Nicolas.


Vie de sainte Céline

Sainte Céline n'est pas morte en martyre. Comme d'ailleurs Sainte Fare, Saint Faron ou Saint Fiacre (autres figures saintes locales). On sait peu de choses au final de sa vie. On peut supposer qu'elle eut une "bonne vie", très pieuse, coincée entre la religion chrétienne et une vie civile plus emprunte de tradition païenne. Un peu à l'image d'un Jean Rose, à quelques siècles d'écart (même rapport au religieux, même image de personnage exemplaire issu de la vie civile). Elle dut probablement avoir de son vivant une grande influence (politique, matérielle, spirituelle ?) sur ses contemporains. Ce qui expliquerait son culte très florissant après sa mort et au cours des siècles qui suivirent.

Pour l'Histoire, Céline n'aura pas, à l'image de sa consœur Geneviève, sauvé Meaux de l'invasion des Huns, puisque l'épisode du sauvetage de Paris (Lutèce) est donné à la date de 451, soit près de 20 ans avant la naissance estimée de notre Céline. "L'amitié" évoquée entre Geneviève et Céline semble au vu des mêmes dates assez étrange. Geneviève serait né en 423, et aurait eu près de 60 ans au moment ou Céline atteignait l'age d'adulte. Par contre le fait que Geneviève possédait des terres du côté de Meaux, et sans doute une maison (que l'on situe à l'entrée de la rue de Châage), justifie que le personnage soit passé par la ville (qu'elle a peut-être même su par ce moyen l'avancée des Huns d'Attila). Possiblement que Geneviève, personnage déjà emblématique de son vivant et reconnu par ses contemporains, avait été choisie par la famille de Céline comme préceptrice ou professeur… ou quelque chose comme ça... Ce ne sont que suppositions ^^.

On ne sait pas non plus si elle rencontra Clovis, qui prit possession de la ville de Meaux en 486. Elle même aurait eu alors l'âge de jeune femme (16-18 ans). Si elle était de ceux qui « comptaient » à Meaux c’est tout à fait imaginable…

Personnage énigmatique donc. Récupéré par le religieux, et la chrétienté qui s'inventait alors, en cette période charnière de l’Histoire où l'on entre dans le Moyen-Âge (l'Antiquité Tardive s'achève avec la chute de l'Empire Romain d'Occident en 476).



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Sources :
- "Dictionnaire topographique des rues de Meaux" - Tome 3 : Faubourgs et nouveaux quartiers, SLHB (1999)
- Internet.

Merci à Georges Asselineau, responsable de la bibliothèque diocésaine, pour les corrections qu'il a apportées à la première version de cet article. Grâce à ses remarques j'ai pu corriger les erreurs et les faussetés que j'avais pu écrire sur la vie de Sainte Céline (faute qui me revient de ne pas avoir fait le minimum de recherches nécessaires). C'est aussi à lui que je dois l'image que vous pouvez voir ici de Sainte Céline.

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Commentaires

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C'est la Sainte Céline aujourd'hui... alors cet article méritait bien un petit commentaire Very Happy

Sainte Céline
par Defendente Génolini

«On devrait écrire « les saintes Céline », car ce jour nous fêtons deux Céline. Elles vécurent au même siècle. L’une est vierge, l’autre épouse et mère. L’une vit à Laon, l’autre à Meaux.

La première Céline eut deux enfants dont Principius, qui devint évêque de Soissons et à qui succéda Lupus (saint Loup) son neveu. Puis elle ne put plus avoir d’enfants à son grand désarroi. Un jour, un ermite aveugle, du nom de Montanus, inspiré, vint auprès de Céline et lui annonça qu’elle aurait un autre enfant qui serait nommé Rémi. Il prédit aussi que lui-même retrouverait la vue à la naissance de l’enfant, quand Céline lui appliquerait quelques gouttes de son lait sur ses yeux. Tout se déroula comme l’avait dit l’ermite, malgré l’incrédulité première de Céline. Elle donna naissance à Rémi. Il devint le grand évêque de Reims et baptisa Clovis. Céline meurt à un âge avancé en 464 environ.

La deuxième Céline est une jeune fille aimable et jolie. Promise à un fiancé de Meaux, la jeune fille rencontre alors sainte Geneviève, de passage dans la ville. Enthousiasmée par elle, elle désire la suivre dans la vie consacrée. Le fiancé n’aime pas cette rencontre et écoute derrière la porte la conversation des deux femmes. Il découvre le projet de Céline. Il surgit pour kidnapper sa fiancée. Geneviève et Céline s’échappent et se réfugient dans le baptistère de la ville. Elles en sortent par une porte dérobée. Dépité, le fiancé ne put la retrouver. Elle devint religieuse et mourut vers l’an 480. Elle est patronne de Meaux.»

Etymologie du nom :

Du latin « caelum » « ciel ». Mais aussi de le gens romaine Caelia. Autres racines controversées du latin « celare » « cacher » ou du grec « selene » « lune » ou abréviation de Marceline. Ou encore du dieu Mars.
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