J'aimerais pouvoir partager l'enthousiasme et l'optimisme naturels de Fabien. Il a bien sûr parfaitement raison. Savoir s'il faut conserver la prison ou la détruire est une question absurde ; le tout est de savoir pourquoi et pour quoi on le fait. Je pense en revanche que le terme de secondaire est maladroit. Ce n'est pas une question secondaire, au contraire, mais une question qu'il faut la considérer de manière plus globale, à l'intérieur d'un projet intelligent, capable de donner un sens à ce lieu, en prenant en compte, l'histoire dont il est chargé. Pour caricaturer, considérer la prison comme un patrimoine à conserver de facto en se demandant "que va-t-on bien pouvoir y caser à l'intérieur ?" n'est à mon sens pas terriblement pertinent. Il faut au contraire se dire que "l'histoire de ce lieu, sa particularité, sa situation dans le contexte urbain, environnemental, social nous amène à penser qu'il serait judicieux d'y imaginer tel ou tel projet, et voir si l'ancienne prison possède sa raison d'être ou pas, et à quel degré à l'intérieur d'un tel projet". On est bien d'accord, ne pas faire feu de tout bois, ni de tout pierre patrimoine, mais réfléchir au sens que l'on veut donner aux choses.
Malheureusement, en pratique, je ne partage pas l'éternel optimisme de Fabien, car je doute fort que la question de conserver ou pas la prison relèvera d'une réflexion sensible et étayée. Mais, j'ai tendance à croire que, comme beaucoup de choses, le sort de cette malheureuse prison sera tranché au vu de critères un peu plus terre-à-terre, comme la valeur foncière du terrain qu'elle occupe et l'opportunité que ce terrain représente pour de futurs promoteurs immobiliers de tirer des profits conséquents. Et rien que par principe, je donnerais raison à ceux qui sont partisans de conserver ce "patrimoine" à tout prix !
Mais bon, d'ici qu'on mette les optimistes et les pessimistes d'accord. Personnellement, je me range dans la deuxième catégorie, mais mon cœur est à ceux de la première !