Sujet: Re: Augmentation du nombre d'exclus? Sam 26 Déc 2009, 20:17 | |
| Je dois dire que cette analyse de lecture est absolument magistrale! Cela m'évitera d'en refaire une, qui m'aurait demander plein de boulot et aurait été infiniment plus médiocre. Il manque une dimension: la "valorisation" que bien des "sauveteurs bénévoles" recherchent inconsciemment dans leur acte de "solidarité" Qui a fait dire à l'auteur que parfois il se demandait qui avait le plus besoin de soins, du naufragé ou du bénévole (dans des situations extrêmes, évidemment)  |
| benjamin Meldois


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Sujet: Re: Augmentation du nombre d'exclus? Sam 26 Déc 2009, 20:42 | |
| | Citation: | Tout au long de ses recherches, Patrick Declerck n'a jamais rencontré de clochards qui se soient réinsérés durablement. Cet ancrage dans l'indigence tient, pour une large part, à l'"absurdité" de l'action médico-sociale. Les grands exclus, insiste l'auteur des Naufragés, sont condamnés à une errance permanente : ils ne peuvent rester que quelques nuits dans les structures d'accueil d'urgence ou un an maximum dans les centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). En outre, leurs problèmes psychologiques ne sont jamais pris en compte, alors même qu'ils sont à l'origine "de nombreux échecs de programmes d'insertion". Pour guérir ou, à tout le moins, se mettre à l'abri, les clochards devraient bénéficier d'un accompagnement au long cours dans des structures spécifiques ; au lieu de quoi, on leur prodigue une "charité hystérique", fragmentée, caractérisée par "l'amateurisme" et la volonté illusoire d'un retour à l'emploi. Il y a là une forme de "sadisme" — inconscient — que les institutions, la société même, leur infligent car ils sont en dehors de la norme. Dans ce schéma, la "collusion" entre associations et pouvoirs publics est totale : ils agissent "sans contrôle de qualité, sans capitalisation des savoirs et sans pensée stratégique", affirme Patrick Declerck dans un entretien accordé aux Actualités sociales hebdomadaires (ASH) du 28 décembre 2001.
D'une manière générale, ses analyses sur la marginalité des clochards et leur "exil intérieur" ne sont pas contestées. "Je ne peux que lui donner raison sur la gravité de la désocialisation de certains personnes, indique Bernard Rodenstein, responsable de l'association Espoir, à Colmar (Haut-Rhin). Il est illusoire de penser qu'elles retourneront sur le marché de l'emploi." "C'est une interpellation pleine de vérité, renchérit Jean-Paul Péneau, directeur général de la Fnars (Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale). La réinsertion par le travail ne doit pas être un objectif universel pour tous les publics en difficulté." De même, le fait que les centres d'hébergement assurent des prises en charge trop courtes et inadaptées est rarement discuté : "Pour les personnes en situation de très grande détresse, nous avons un vrai problème dans la qualité du service rendu", reconnaît un directeur de l'action sanitaire et sociale en Ile-de-France. "Nous n'arrêtons pas de jouer au ping-pong avec elles", admet Bernard Rodenstein, surtout quand leurs troubles du comportement sont aigus. Les cas difficiles, "personne n'en veut", tranche Alain Denetre, qui a commandé la brigade d'assistance aux personnes sans abri (Bapsa) à Paris de 1994 à la fin 2001. La "collaboration entre services psychiatriques et travailleurs sociaux" se révèle souvent déficiente, ajoute Jean-Paul Péneau. |
(extrait d'un atricle du Monde qui évoque ce sujet) |
| benjamin Meldois


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