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Meldois
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Commerces du centre ville : l'hémorragie continue sur leboncoin.

le Mer 21 Oct 2015, 13:37
(Merci à Michael W. qui a signalé la chose.)

Il suffit de se balader dans le centre ville pour se rendre compte déjà des nombreuses fermetures de commerces ces derniers temps. Des fermetures qui se sont accélérées avec l'ouverture du centre commerciale et le déménagement vers celui-ci de certaines enseignes telles que Orange, ou Décathlon (qui vient de la zone commerciale de Beauval). D'autres telles que "le Cadre à Meaux", sport2000 ou Music Studio sont allé ailleurs.

Malgré l'ouverture de nouveaux commerces : un petit Franprix dans le marché ou un bar à vin rue du Grand Cerf... l'hémorragie continue. Et c'est sur Le Bon Coin qu'il est sans doute le plus facile de s'en rendre compte : pas moins d'une 10aines de commerces à vendre (depuis début octobre) dans le centre ville de Meaux, dont les anciens locaux de picard rue de la crèche, différents petits commerces de bouche (pizzeria derrière le cinéma, sandwishrie rue des vieux moulin, café rue Saint Remy, "Chez Nina" rue du Tan, CocciMarket rue du Faubourg Saint Nicolas), mais aussi une agence immobilière, et puis surtout les enseignes Jeff de Bruge (présente dans le centre commercial) et SFR (pourtant depuis peu installés au bas de la rue Darnetal)

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Discours alarmiste ? Les enseignes qui ouvrent celles qui ferment c'est normal... mais la on est pas dans un roulement normal. Les changements sont beaucoup trop importants et trop rapides. Et le roulement n'arrive plus à suivre : depuis quand le commerce du "Frite City" (situé a quelques mètres devant la cathédrale), préempté par la Ville de Meaux est vide ? Pourquoi est-ce que celle-ci ne trouve pas de repreneur ?

Est-ce à cause de l'ouverture du centre commercial ? Pas seulement. Il est certain que le centre commercial a une part de responsabilité, il va capter une clientèle importante, et notamment celle qui restait encore fidèle au cente ville, de plus en plus déserté par les consommateurs. Mais le centre Ville n'est pas qu'un centre commercial : c'est un lieu habité, on y trouve des services, de la culture, du patrimoine, des espace publics. Et normalement le centre ville peut compter sur des commerces différents voir des concepts originaux qui ne trouvent pas leur place dans les centre commerciaux. Sauf que la Ville ne semble pas pouvoir les garder : l'exemple même du magasin de musique Music Studio. Magasin qui doit pourtant fonctionner, puisqu'il a pu s'installer ailleurs (petite zone industrielle près de la station d'épuration de Meaux), dans un lieux moins visible et même s'agrandir ? Loyers trop chers (effet de spéculation immobilière) ? Manque d'espace ? Pourtant les locaux vides dans le centre ville ce n'est pas ce qui manque.

La réalité et la fragilité (charges, travail important, sécurité) du métier de petit commerçant aujourd'hui ne génère plus de vocation. Et quand bien même certains l'auraient, c'est le manque de moyens qui fait défaut : comment lancer un commerce un peu original, quand on est seul (pas franchisé, pas soutenu), et que l'on doit rembourser crédit, loyers... alors qu'on ne dégage qu'un tout petit chiffre d'affaire qui ne peut même pas vous permettre de vous payer un salaire. Ou comment travailler sans compter ses heures, pour la gloire ?






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Alors quelles solutions ?
Pour la zone industrielle sud de Meaux, tout comme la route de Trilport qui s'est vidée au fur et à mesure de ses activités, la solution peut paraitre plus simple : friches, nouveaux quartiers d'habitation, espaces verts... la reconversion n'est pas impossible, quand bien même l'inertie de changement est lente (à voir le bâtiment de l'ex InterMarché... fermé depuis ... ?).

Mais pour le centre ville, comment faire changer les choses pour passer d'une dynamique négative à une dynamique positive ? La question du centre ville est une question globale qu'une réflexion uniquement au niveau locale ne pourra pas seule solutionner. Elle n'est pas non plus a donner a voir a travers le phénomène classique de "paupérisation / gentrification"... puisque les commerces ne tirent ni vers le bas, ni vers le haut : ils disparaissent.

Les solutions sont multiples et on pourrait se montrer créatif si les outils réglementaires le permettait.
On peut déjà envisager que certains commerces changent de fonction : certains locaux pourraient revenir à des associations, d'autres redevenir des logements, certains accueillir des services (médicaux), ou pourquoi pas des garages (alors que les places sont rares pour les habitants des centres).
Pour les commerces qui voudraient s'installer en centre ville : créer des formes de coopératives, faire travailler les artisans ensemble, rassembler dans un même local des activités spécialisées et diviser les coûts des loyers, des charges, partager les moyens (secrétariat, machines, électricité...). Accompagner et valoriser les activités artisanales, peu rentables mais a forte valeur ajoutée culturelle. Permettre le développement des commerces temporaires : marchands forains (ceux des foires par exemple), marchés, point de vente AMAP, pop up store... Pourquoi ne pas transférer les anciennes manifestations type foires dans les locaux commerciaux vides ? Installer un marché de noel non plus dans des cahutes en bois sur une petite place, mais dans plusieurs points du centre ville ? Organiser un vrai turnover ?

Le principal obstacle à ce genre d'idée, pour qu'elles puissent se mettre en place, reste le droit des propriétaires de ces locaux commerciaux et leur bon vouloir. Et un garage ne rapportera jamais autant en loyer qu'un commerce, par exemple. La Ville ne peut pas non plus préempter tous les locaux : et lorsqu'elle préempte elle ne devient hélas pas propriétaire des murs, mais seulement du bail... et elle paye un loyer, en plus, même pour un local vide (ça a du sacrément rapporter le "frite city"... pour une perte seche de la Ville de combiene xactement ?). La dépense est considérable... Sauf si les pouvoirs publics décrétaient la possibilité d'expropriation dans certains cas au nom de l'intérêt collectif. Solution radicale, mais on en est aujourd'hui peut-être bien là (ps : l'expropriation n'est pas la confiscation : le propriétaire est toujours dédommagé le cas échéant et assez largement).

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