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Meldois
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09062015
Je reprends ici un article de Télérama que j'ai trouvé vraiment intéressant sur la question des festivals, et de leurs financement.

A Meaux il est bien entendu question de faire le rapprochement avec le festival Muzik'elles (par ailleurs cité dans l'article). Mais aussi plus globalement avec la démarche d' "animation culturelle" et la réflexion que l'on peut en tirer sur le soutient à la culture (en locale), à a création permanente, à l'événementiel, ou encore au soutien du milieu associatif. A l'heure où à Meaux on a du annuler un festival (et reviendra-t-il) coûteux pour la collectivité et ne pouvant se passer des subventions, où un projet de centre culturel a été suspendu faute de moyens (et sans doute surdimensionné) et alors que le milieu associatif souffre aussi de ce manque de moyens (MJC, théatres, associations culturelles, sportives...), et a tendance a se disperser (chacun faisant sa popote dans son coin) peut-être serait-il pertinent de lancer un "Grenelle de la culture", ou du moins une vraie réflexion sur comment générer une vraie dynamique culturelle pour la Ville. Il y a des moyens (humains, associatifs, matériels...) et il y a des potentiels, certains points a conforter, d'autres a réorganiser...

A noter que j'avais signalé dernièrement dans un article consacré au futur centre commercial LES SAISONS de MEAUX, que ce dernier était en train de s'accaparer "le culturel" (même si c'est dans une visée purement mercantile) : avec une salle de cinéma 5D, avec l'intervention d'un artiste pour la réalisation d'une fresque, avec une programmation de spectacle de musique et d'arts vivants à venir... mais aussi avec un projet architectural intéressant (ce à quoi la ville a du renoncer pour le moment pour le futur centre culturel sur le site de l'ancienne prison !). Au point de devenir plus intéressant que le centre ville ? 

Dans le texte ci-dessous j'ai souligné en rouge les passages remarquables.


__________


Comment les festivals cherchent la parade à la crise
par Yohav Oremiatzki  Publié le 08/06/2015

Assèchement des subventions, défiance des élus vis-à-vis de spectacles jugés élitistes... Les petits trinquent, les gros résistent. Mais pas de panique. Les idées fusent pour que la France demeure la terre bénie des festivals.


« Culture française, tu te meurs. » Non, ce n'est pas l'intitulé d'un nouvel article polémique de Time (1), mais le sous-titre d'une carte de France interactive recensant les festivals, structures et associations supprimés ou annulés depuis les dernières élections municipales de mars 2014.

A l'origine de cette initiative, une professionnelle inquiète, Emeline Jersol, médiatrice culturelle travaillant pour Le Boulon, un centre national des arts de la rue situé à Vieux-Condé, près de Valenciennes. Au 8 mai 2015, 195 points, tous organismes confondus, saturaient sa « cartocrise », révélant l'ampleur de ce qui ressemble à une hécatombe culturelle. Le Festival du film asiatique de Deauville, le festival de musique de chambre Consonances à Saint-Nazaire, Paris cinéma, Calvi Jazz Festival... Une centaine d'événements sont touchés, en particulier dans les domaines de la musique (une bonne moitié) et des arts de la rue. Et la liste ne fait que s'allonger.






Désengagement de l'État

Première cause de ces annulations ou disparitions en chaîne, la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités territoriales : entre 2015 et 2017, 11 milliards d'euros en moins pour les exécutifs locaux déjà anémiés par la diminution de leurs recettes fiscales, et sur lesquels repose le financement de 70 % de la culture en France. Cette conjoncture pousse toujours davantage d'élus à diminuer leurs subventions aux associations, voire à leur couper les vivres. A Meaux, Jean-François Copé a par exemple décidé de suspendre l'édition 2015 de Muzik'Elles, un projet financé jusque-là par la ville à hauteur de 800 000 euros. La faute au surcoût de la réforme des rythmes scolaires, selon le député-maire UMP, et à la baisse de 1,4 million d'euros des aides de l'Etat.




Droite populiste ?

La contrainte budgétaire n'explique cependant pas tout. Retirer ou accorder une subvention est toujours un choix politique. A Bayonne, le nouveau maire centriste Jean-René Etchegaray décide de ne plus subventionner les Translatines, ce qui condamne la biennale de théâtre transculturelle à se mettre en jachère... pour la deuxième année consécutive.

Parallèlement, la Ville alloue une somme équivalente (60 000 euros) au festival Kulture Sport pour l'aider à se lancer. Un projet porté par le producteur de cinéma et distributeur Vincent Maraval. « Qui dit sport dit potentiel médiatique, sponsors et rentabilité ; on ne fait pas le poids face à un futur Cannes ou Avignon du sport », réagit Jean-Marie Broucaret, le directeur des Translatines. « Notre modèle reposant sur l'implantation locale est en voie de disparition alors qu'on irrigue le territoire depuis trente ans. Aujourd'hui, on ne subventionne plus un projet culturel mais une prestation de services. Le mot d'ordre, c'est ajouter une manifestation festive aux férias et à la fête du jambon. »

La cartocrise laisse croire que la victoire de la droite aux dernières élections municipales est la cause de tous les maux. Or, sur une centaine de festivals, le politologue et chercheur au CNRS Emmanuel Négrier n'en compte « que » 35 % dont l'annulation ou la suppression est liée à un passage à droite ou à l'extrême droite.

“Les finances ont bon dos. C'est surtout un art critique et perçu comme élitiste qui dérange.”

Il n'empêche : les coupes drastiques dans les subventions publiques surviennent souvent avec l'arrivée de nouvelles équipes « plus sensibles à des idéologies populistes », remarque le sociologue spécialiste du spectacle vivant Emmanuel Wallon. « Les finances ont bon dos. C'est surtout un art critique et perçu comme élitiste qui dérange. » On se souvient à ce titre de la réaction du maire de Quimper à l'égard de la programmation du festival Théâtre à tout âge, financé à 30 % par la Ville. A la sortie d'un spectacle, en décembre 2014, Ludovic Jolivet (UMP) avait donné consigne de proposer désormais un « théâtre populaire, accessible et compréhensible par tous », provoquant la consternation du milieu culturel local.

Au ministère de la Culture, on note que « certains élus privilégient l'effet purement événementiel d'un festival au détriment d'un soutien permanent à la création », soit parce qu'ils méconnaissent le sujet, soit par populisme. Mais il arrive que la menace soit écartée. A Hyères, Jean-Paul Giran (UMP) a finalement maintenu les subventions de la Ville au Midi Festival après avoir envisagé de retirer les crédits municipaux à ce rendez-vous défricheur des musiques actuelles. « Beaucoup revoient leur copie une fois aux responsabilités », affirme Pedro Garcia, le directeur de Chalon dans la rue. Le budget du Pôle arts de la rue a beau enregistrer une dimi­nution de 25 % de la part de la Ville de Chalon-sur-Saône (de loin son premier financeur), Pedro Garcia prend sur lui de « regagner la confiance des élus ».




Les gros, épargnés ?

Dans un contexte aussi tendu et aléatoire, certains survivent, d'autres disparaissent faute de moyens. Les premières victimes sont les petits festivals voulus et soutenus par les communes et les collectivités territoriales, vitrines d'animations estivales que l'Etat n'a pas vocation à soutenir. A l'inverse, Georges-François Hirsch, directeur général de la Création artistique au ministère de la Culture de 2010 à 2012, assure que « les grands festivals historiques et emblématiques d'une politique culturelle comme le Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence ou Avignon existent et existeront ». « Ces festivals sont considérés par l'Etat comme des joyaux », ajoute le chercheur Emmanuel Négrier. « Certes, ils ne peuvent pas dépenser à fonds perdus, mais ils font tout de même partie des privilégiés. »

“Avignon est une ville moyenne qui continue de faire rêver, mais jusqu'à quand ? Le festival est une mission d'intérêt général, pas une foire du spectacle vivant !”

Pourtant, même les gros opérateurs souffrent. Cette ­année, l'association pilotant le Festival d'Avignon a appris un mois avant de boucler son programme que la Ville baissait sa subvention de 5 %. Et la maire socialiste, Cécile Helle, pourrait reconduire cette mesure jusqu'en 2017. Une dé­cision jugée d'autant plus malvenue par le directeur délégué du festival, Paul Rondin, qu'elle s'ajoute aux conséquences financières du mouvement social des intermittents du spectacle de l'été 2014. Si ces 5 % ne représentent « que » 49 000 euros sur un budget total de 13 millions, l'équilibre du financement public n'en est pas moins fragilisé.

« On ne peut pas envoyer un signal négatif deux années de suite, avertit Paul Rondin. Au-delà de la question budgétaire, quel est le projet commun ? Quelle est la vision à long terme ? Avignon est une ville moyenne qui continue de faire rêver, mais jusqu'à quand ? Le festival est une mission d'intérêt général, pas une foire du spectacle vivant ! » De son côté, le directeur des Translatines, Jean-Marie Broucaret, estime que la situation actuelle demande des élus de très grande conviction, qualité qu'il juge de plus en plus rare. « Va-t-il falloir rester inféodé aux pouvoirs politiques locaux pour durer ? »




Financements alternatifs

La frilosité des élus peut se comprendre : à la question des déficits publics s'ajoute l'incertitude induite par la réforme territoriale, qui porte le nombre des régions françaises à treize et laisse planer le doute sur les compétences des collectivités. Le conseil régional du Limousin se demande donc s'il restera une place dans la future Région Aquitaine-Limousin-­Poitou-Charentes pour Lost in Limoges, nouveau festival pop-rock dont la première édition est prévue pour 2016. « Nous sommes une toute petite région avec beaucoup de petits festivals et il nous en manque effectivement un autour des musiques actuelles, reconnaît Patricia Oudin, à la direction du développement culturel du conseil régional, mais est-ce le bon moment pour lancer un chantier aussi ambitieux ? »

Initiateur du projet, Christophe Bize a compris depuis longtemps que « se contenter de démarcher les collectivités pour lancer Lost in Limoges n'aurait pas marché ». Ce directeur des finances de la mairie a donc choisi de tout miser sur un « modèle alternatif » en lançant une campagne de financement participatif sur la plate-forme Ulule, portée par le slogan « Offrez-vous votre festival ». Objectif affiché : récupérer 20 000 euros sur un budget prévisionnel d'environ 900 000 euros. A une semaine de la fin de la collecte, quatre cents contributeurs avaient déjà réuni la quasi-intégralité de la somme, avec une participation moyenne approchant les 45 euros (le prix du pass pour un jour d'un grand festival). Cette campagne de crowdfunding, c'est avant tout une « opération de communication pour donner une légitimité au projet et mobiliser les entreprises, admet Christophe Bize. On joue sur la fibre locale, on verrouille le système. Cela impose l'idée, et les élus devront suivre ».

“Soit on part petit et on est tributaire des tutelles publiques, soit on a une ambition nationale et il faut convaincre les partenaires privés.”

Signe des temps, Lost in Limoges table aussi sur une part de mécénat et de sponsoring équivalente à celle des Eurockéennes de Belfort (25 %) — pionnières dans le développement de ce type de ressources — et sur seulement 5 à 7 % de subventions publiques, contre 10 % pour le géant belfortain. Pour le sociologue et président de l'université d'Avignon Emmanuel Ethis, le mécénat n'apparaît pourtant pas comme la solution miracle : « La participation des banques et des entreprises est en régression depuis cinq ans car l'effet d'image est limité. » En revanche, le sponsoring, stratégie d'entreprise qui entre dans une logique commerciale, marche mieux. Excepté dans les festivals d'arts de la rue, où l'on imagine encore mal les logos envahir l'espace public.

Derrière ces différentes approches, une volonté commune de ne pas être mis sous perfusion publique que justifie Alain Chasseriaud, cofondateur de Kulture Sport, à Bayonne : « Soit on part petit et on est tributaire des tutelles publiques, soit on a une ambition nationale et il faut convaincre les partenaires privés. » Ainsi, sur un budget ­serré de près de 450 000 euros, la moitié provient de financements privés. Mais, pour attirer les gros poissons, mieux vaut avoir des têtes d'affiche et un carnet d'adresses étoffé. « On a tout de suite avancé, en profitant du réseau de Vincent Maraval, de grands noms comme le judoka Teddy Riner, quelqu'un de fédérateur pour les partenaires privés. A nous ensuite de diversifier la programmation en invitant Raymond Depardon ou en produisant l'exposition photo du rugbyman Clément Poitrenaud, qui vient gratuitement, par passion. »


 
La musique résiste bien

Kulture Sport et Lost in Limoges sont deux exemples illustrant la reconfiguration perpétuelle de la carte de France des festivals, la cartocrise d'Emeline Jersol ne tenant pas compte des créations. Or l'Hexagone reste la grande terre des festivals. En 2013 disparaissaient 29 festivals de musiques actuelles (jazz, electro, rock, reggae, musiques du monde, etc.), mais 86 étaient créés ! L'année suivante, on comptait 51 disparitions pour 44 nouveaux projets. Un solde légèrement négatif appelant à la vigilance, non à la sinistrose.

L'été 2014 comptait 845 festivals de musique sur un total de 1615 recensés à l'année (2). A l'instar des festivals de cinéma, qui sont passés de 160 en 1997 à près de 600 aujourd'hui, la moitié des festivals de musique ont été créés dans la dernière décennie.

“Beaucoup de festivals résistent parce qu'ils sont des parenthèses enchantées, des mondes d'utilité sociale, de petites républiques éphémères”

« Des structures prônant le repérage de nouveaux talents, comme les Voix de la Méditerranée, à Lodève, ou le Festival des musiques innovatrices, à Saint-Etienne, trinquent. Mais beaucoup d'autres festivals résistent parce qu'ils sont des parenthèses enchantées, des mondes d'utilité sociale, de petites républiques éphémères, estime Emmanuel Négrier. La “cartocrise” ne montre pas les responsabilités qui leur incombent. Ces structures ne sont pas forcément des entreprises culturelles et artistiques éternelles. »

Le Festival de musique de Strasbourg a par exemple été balayé par des problèmes de comptabilité. Par ailleurs, la carte inclut des festivals annulés en 2014 non à cause de problèmes de subventions mais à la suite de la grève des intermittents (Uzès danse...) et néglige l'importance de la baisse de fréquentation pour une partie d'entre eux : à Six-Fours-les-Plages, Les Voix du Gaou se sont tues après être tombées de 40 000 à 25 000 festivaliers.
Les festivals en France en 2014 (étude Irma, CNV, Sacem).




Un euro investi en engendre sept en moyenne

L'été 2014 a néanmoins été faste pour les festivals de musique dépassant 15 000 spectateurs, avec un bond de fréquen­tation de 23 %. Plusieurs records de fréquentation sont même tombés : 175 000 personnes pour Solidays, 150 000 pour le Hellfest, 135 000 pour le Main Square d'Arras, 120 000 pour Rock en Seine. Dans le secteur, les retombées économiques se chiffrent en milliers d'emplois et en dizaines de millions d'euros (on estime qu'un euro investi en engendre sept en moyenne).

Si les festivals de musiques actuelles sont en pleine croissance et résistent bien à la crise, le succès a aussi ses effets pervers. Les coûts techniques, logistiques et de sécurité ne font qu'augmenter, à la charge des organisateurs. Et l'inflation des cachets artistiques condamne à l'affluence un festival comme Les Eurockéennes, affirme son directeur, Jean-Paul Roland : « Pour amortir les coûts, il faut impérativement être complet et vendre 100 000 billets. Mais on ne souhaite pas que les festivals deviennent des objets de luxe comme les mastodontes anglais ou américains » — à Coachella, en Californie, le pass week-end coûte 375 dollars contre 113 € à Belfort.

Le festival du XXIe siècle se pense comme une écologie et non pas seulement comme une économie
Avec un budget artistique avoisinant les 2 millions d'euros pour faire jouer soixante groupes, les cachets pratiqués par Les Eurockéennes partent de 3 000 euros pour un artiste émergent et peuvent atteindre 500 000 euros pour les têtes d'affiche. « Pour faire la même affiche en 2015 qu'en 1996 (David Bowie, Red Hot Chili Peppers, Lou Reed, Daft Punk, Beck...), il nous faudrait six fois le budget artistique du festival actuel ! », révèle Jean-Paul Roland.

Face à ces nouvelles contraintes, la fédération internationale De Concert ! (un réseau de 31 festivals indépendants incluant Les Eurockéennes, Iceland Airwaves, Dour, etc.) cherche à inventer ses propres règles du jeu. « Cette fédération a mis en place une coopération qui se traduit par une plate-forme de régulation de la concurrence, détaille Emmanuel Négrier. Elle s'applique à des questions de sécurité, d'accueil des personnes handicapées, de développement durable ou de programmation. On promeut collectivement des groupes émergents pour partager la prise de risques et modérer les ambitions des tourneurs. »


Se démarquer avec une philosophie associative

A l'heure où les festivals se trouvent à la croisée des chemins, De Concert ! privilégie la collaboration, la mutualisation, l'échange et le partage d'informations. Le réseau a compris que le festival du XXIe siècle se pense comme une écologie et non pas seulement comme une économie. Cela suppose de laisser de côté l'opportunisme et d'avoir une vision suffisamment moderne et forte pour impliquer tous les participants, artistes confirmés et jeunes talents, public, élus, mécènes et marques dans une même expérience. C'est le cas au Cabaret Vert de Charleville-Mézières, festival écolo s'il en est.

D'autres exemples — comme celui de La Route du rock, à Saint-Malo, où les 600 bénévoles de l'édition 2014 tiennent à garder leur place en 2015 — montrent qu'il suffit parfois de garder un attachement profond à une philosophie associative pour se démarquer. Les festivals qui apprennent à travailler en réseau et parviennent à former une solide communauté ne connaissent pas la crise.



(1) Le journaliste américain Donald Morrison y avait publié un article titré « The death of french culture », le 21 novembre 2007.
(2) Source : carte des festivals de France en 2014 par le Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV), le centre d'information et de ressources pour les musiques actuelles (Irma) et la Sacem.

A lire:
Festivals de musiques, un monde en mutation : une comparaison internationale, sous la direction d'Emmanuel Négrier, Michel Guérin et Lluís Bonet, éd. Michel de Maule, 330 p., 26 €.

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Commentaires

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Pour le financement, il faudra quand même que les collectivités se penchent sur leur cœur de mission en redéfinissant leurs priorités (mais pour ces dernières, y aller à fond)
Si déjà on supprimait la clause de compétence générale (sauf pour les communes) on diminuerait le saupoudrage, source de gaspillage et antithèse d'une stratégie coordonnée. J'ai connu un département qui filait des subventions en veux tu en voilà à des communes "amies" pour construire des salles de classe dans des écoles, et dont le budget ne lui permettait même pas ensuite d'assurer la sécurité dans les collèges (cœur de mission du département!)
Culture, c'est pareil puisque vous citez Avignon. On se souvient de ce qu'était Avignon à ses débuts? Un moyen d'amener le peuple à la culture, par des spectacles à la fois innovants et accessibles. C'est devenu quoi? Spectacles élitistes et souvent fumistes, et grande foire destinée à faire faire du chiffre aux commerçants locaux (la grenadine à 6 euros...)
Pour Meaux, j'avoue que je rigole un peu. Not' Bon Maire, fait partie de ceux qui proclament la nécessité, sur le plan national, de faire preuve de courage (sur le dos des autres) en réduisant massivement les dépenses. Que n'est-il logique en faisant de même dans sa ville, pour nous démontrer que c'est possible sans diminuer les prestations offertes à la population?
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C'est Télérama qui cite Avignon... Je connais des gens qui évoluent dans le milieu du théâtre qui font le même constat que vous Benjamin sur ce qu'est- devenu ce festival.

De toute manière trop de festival tue le festival... Je pense que ça a été une erreur de la Ville de mettre fin a la Foire de Meaux (qui dans les années 80 accueillait les concerts et spectacle de variété), au profit des Muzik'elles. Aujourd'hui elle a perdu les deux manifestations.

La crise et les économies forcées ont un effet aussi peut-être plus bénéfique, puisque je note depuis peu un retour du milieu associatif : de fait, puisque les bénévoles et les acteurs de ce milieu font vraiment des choses intéressantes, produisent des spectacles (et de qualité), en coûtant peu à la collectivité. Et je constate partout, le travail, l'énergie développé par ce tissus associatif pour arriver a monter des spectacles et la plus part du temps avec des moyens misérables (comparées aux sommes investit dans des manifestations comme les festivals où l'on fait venir des têtes d'affiches)...
Les collectivités sont obligées aujourd'hui de s'appuyer sur le milieu associatif pour continuer leur politique culturelle (elles ne peuvent plus être dans la culture prêt a consommer) et pour animer la ville. La crise des festival c'est un mal pour un bien... à voir si les villes sont réactives a cet effet et si Meaux sera de celles-ci.
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